Madagascar: Grogne des opérateurs télécoms contre les taxes

Actualités Télécom

Les opérateurs en téléphonie dénoncent une surtaxation effectuée par l'État. Les taxes pénalisent. Patrick Pisal Hamida, administrateur directeur général de Telma Madagascar, a évoqué que 31 % de leur chiffre d'affaire sont investis dans les infrastructures et 51 % dans les taxes.

C'était lors de la rencontre des opérateurs en télécommunication avec les experts de l'Union internationale de la télécommunication (UIT), organisée par l'Office malagasy des études et de régulation des télécommunications (Omert), hier.

Il a exposé que, en trois ans, l'ensemble des opérateurs malgaches en téléphonie a investi 1/3 de ses chiffres d'affaire dans les infrastructures. Ils n'ont cependant rien reçu en contrepartie.

« Madagascar est l'un des pays avec une plus grosse infrastructure nationale en Afrique. Il est également le deuxième le plus taxé à travers le continent », dénonce le directeur de Telma. « Il ne reste plus grand chose pour inciter les clients à recourir à notre service », rajoute-t-il.

Les infrastructures mises en place par les opérateurs en téléphonie couvrent, selon toujours Patrick Pisal Hamidi, deux-tiers de la population totale. « Lorsque nous investissons dans les zones isolées de Madagascar, cela coûte dix fois plus cher que dans une ville et rapporte dix fois moins », se plaint-il.

Cependant, seules 22 % de la population de ces zones couvertes utilisent le téléphone mobile. « À Madagascar, même les téléphones mobiles sont qualifiés par l'État de produit de luxe. Exception faite des « foza orana », les appareils sont soumis à des droits d'accises, comme le cas de Blackberry », enchaîne-t-il.

Le directeur général de Airtel, Heiko Schlittke, a confirmé les propos de son homologue. Il estime ainsi la nécessité de mettre en place une politique incitative. « Il faut améliorer la situation de développe- ment du secteur », estime-t-il.

Face à ces doléances, le directeur général de l'Omert, Augustin Andriamananoro, estime que les efforts doivent venir des deux parties. « Si les opérateurs réclament une baisse de taxe qui s'avère exorbitante, ils doivent en contrepartie s'engager, par exemple, à mettre en place des projets sociaux, un fonds de reconstruction ou encore à créer plus d'emploi. Si l'État s'engage à supprimer les droits d'accises, que peuvent-ils offrir en retour ? » évoque le directeur général de l'Omert.