Guinée: Téléphonie Gsm, la licence Intercel Guinée vendue à Sudatel

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Le patron du groupe Teylium, a finalisé la cession de l'opérateur Intercel Guinée à Sudatel. Une grosse transaction négociée en catimini et qui agace à Conakry.

Dans son édition électronique du 8 septembre 2010, Les Afriques annonçait en exclusivité les négociations entre la compagnie Sudatel, qui opère via la marque Expresso au Sénégal et Chinguitel en Mauritanie et l'opérateur de téléphonie, Intercel Guinée. Les informations en notre possession autour des tractations engagées depuis mars 2010 étaient mises sous embargo jusqu'à la fin du processus des négociations.

Début avril 2011, à bord d'un avion sur la ligne Bamako-Niamey, un Vip du secteur des télécoms, s'est empressé de nous balancer une confidence : « Ah ! Monsieur des Afriques ! Petit Yérim a vendu sa licence aux Soudanais ». Pour en avoir le coeur net, nous nous rapprochons de la direction d'Expresso Sénégal du Groupe Sudatel. A l'absence du Dg, Amir, c'est M. Atta, son assistant qui nous reçoit. «

» Notre interlocuteur dit ignorer cette transaction et nous exige derédiger un questionnaire qu'il transmettra à la maison-mère sise à Dubaï. Avant de le quitter, il nous confirme de nous répondre dans un délai d'une semaine. Les mois passent et sans succès. Les tractations sont allées très vite. Après la tentative infructueuse de rachat de la licence Intercel Guinée -dont le ticket d'entrée sur le marché guinéen était facturé à près de 5 millions de dollars en 2006- par lacompagnie américaine Cellcom, le magnat sénégalais du business, Yérim Sow, a dû se tourner du côté de Sudatel. A l'époque, Cellcom, cherchait à renforcer sa plateforme téléphonique.

En vérité, reconnait une source autorisée, qui a confirmé la vented'Intercel Guinée à Sudatel, « rien ne devait filtrer des négociationsjusqu'à la finalisation de l'opération » A priori, le deal consistait à ne pas attirer l'attention des autorités guinéenne. L'effervescence électorale entre les deux tours s'y prêtait bien. L'opération de vente semble être planifiée et concoctée sous le nez et la barbe des travailleurs d'Intercel Guinée.

C'est la consigne donnée par le propriétaire de la compagnie de téléphonie, Yérim Sow , lequel ne voulait pas que l'affaire atterrisse sur la table du président d'alors, le général Sékouba Konaté. Selon des sources bien informées, qui ont suivi de très près le dossier,Yérim Sow avait mandaté son proche collaborateur, Djibril Tobe, Directeur général d'Intercel Guinée, pour mener les négociations. Ce dernier, en mission commandée avait multiplié les allers-retours Conakry- Dakar pour finaliser l'opération. « La vente est effective et a été notariée » précise une source.

A Conakry, l'affaire agace les rares officiels proches de l'entourage du président Alpha Condé mis au parfum. Car, la donne a changé. A grande vitesse. Jusqu'ici l'information est gérée avec beaucoup de

prudence et retenue par le palais qui est sur un pied de guerre. Au fur et à mesure que nos investigations avancent, on s'aperçoit que l'opération s'est effectuée en catimini sans y associer l'Etat.

A la question de savoir si Yérim Sow se serait entouré de toutes les garanties nécessaires dans la vente de la licence d'Intercel Guinée, un habitué du milieu estime que dans ce genre d'opération, le jeune opérateur est très futé pour éviter des ennuis.

Contacté par Les Afriques, un officiel est formel : «La Guinée n'estpas un souk. Pour tout opérateur, il y a une législation. Nous examinerons la véracité de l'opération et prendrons les mesures qui s'imposent » Pour l'instant, la grande inconnue reste le montant mis sur la table par Sudatel. Au Sénégal, elle a dû casquer 200 millions de dollars (soit 90 milliards Fcfa) pour s'adjuger une licence.