De nouveaux remous à Tunisie Télécom

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Sur les 12 affaires déférées devant la justice sur fond de malversation et de corruption, seule une a été dépoussiérée. Re-bonjour la grogne...

Ça chauffe de nouveau à Tunisie Télécom où la grogne a repris, ces jours-ci, de plus belle tant chez le personnel qu'auprès du syndicat de l'entreprise.

Une grogne rendue inévitable par la persistance d'une vague de revendications que ni les promesses de la direction générale et celles de la tutelle ni les PV des réunions n'ont pu, jusqu'à présent, satisfaire.

Revenant à la charge, repartant à l'offensive, le syndicat semble cette fois déterminé à gagner le bras de fer qui l'oppose toujours à la DG et dont les premières escarmouches remontent au printemps dernier, illustrées qu'elles étaient par des préavis de grève et de sit-in, avant de s'assombrir davantage par la fameuse grève qu'on connait.

Ce décor sombre risque, hélas, de se planter de nouveau, avertit-on au QG du syndicat, tout en exigeant la satisfaction des revendications encore désespérément en suspens, l'on s'évertue à balayer toute tendance à l'escalade.

Pour tous les TTistes jaloux de leur «bo&icircete», «il est anormal, voire révoltant, que les multiples abus dont avait souffert l'entreprise ces dernières années restent toujours impunis».

En ce sens que sur les 12 affaires déférées devant la justice et inhérentes à des actes de malversation et de corruption ayant émaillé l'évolution de l'entreprise, seule une a connu son dénouement, après l'inculpation avérée d'une soeur de l'épouse de Zaba (aujourd'hui incarcérée) et celle de l'ex-ministre des Télécommunications Montacer Ouali, auquel on a infligé aussi une peine de prison par contumace, le présumé accusé ayant réussi à quitter le territoire avant le verdict. Et les 11 procès restants ?

Eh bien, mystère total, en dépit de l'existence de preuves accablantes (interventionnisme, mauvaise gestion et octroi de prêts douteux...).

Autre zone d'ombre encore béate : la poursuite de «l'hégémonie» du partenaire étranger qui, bien que ses actions ne dépassent pas les 35% du capital de l'entreprise, continue d'imposer ses choix et ses décisions, allant jusqu'à ordonner l'augmentation du tarif d'installation du téléphone fixe et poursuivre le licenciement des employés, en violation du PV du 9 février dernier.

«En agissant de la sorte, notre partenaire étranger ne fait que détériorer la situation sociale au sein de l'entreprise et faire l'affaire d'une concurrence de plus en plus impitoyable», assure un membre du syndicat qui tient à lancer un appel pressant à l'adresse du gouvernement.

«Ils est vraiment urgent, souligne-t-il, de voir le gouvernement peser de tout son poids et intervenir en vue d'amortir le choc, avant qu'il ne soit trop tard, sachant surtout que l'Etat est majoritaire à Tunisie Télécom, avec 65% du capital de l'entreprise».