Ile Maurice: Les centres d'appels s'effacent, les producteurs de logiciels s'installent

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La donne change dans le secteur informatique local. Aujourd'hui, les entreprises opérant dans l'Information Technology Outsourcing (ITO), à savoir la production de logiciels et la gestion de gros volume de données prennent la place des centres d'appels. Diversification et évolution. Ces deux termes définissent bien la phase de transition par laquelle passe la Cyber cité d'Ebène.

En effet, tout porte à croire que les centres d'appels semblent aujourd'hui s'effacer pour laisser la place à des firmes opérant dans des domaines plus pointus. Sur les 24 entreprises qui sont actuellement basées à la Cyber Tour 1, six seulement se trouvent être des centres d'appels. Dans la deuxième tour on ne compte que deux centres d'appels sur les 24 entreprises locataires. C'est en tout cas ce qui ressort des statistiques émanant de la Business Park Mauritius Ltd (BPML).

« Le Business Process Outsourcing (BPO) a énormément contribué au développement du secteur des Technologies de l'Information et de la Communication. Mais pour assurer l'épanouissement de ce secteur il nous faut voir plus loin, et commencer à explorer d'autres possibilités », explique un haut cadre du ministère des Technologies de l'Information et de la Communication (TIC).

Ce haut cadre de l'État explique qu'aujourd'hui le marché international ne se limite pas qu'aux centres d'appels. Donc, plusieurs entreprises se tournent davantage vers le secteur de l'Information Technology Outsourcing (ITO). Les activités dans ce secteur sont essentiellement consacrées au développement de logiciels.

« Le HR (gestion des ressources humaines) and Pay Roll services (salaires) c'est le service offert aux entreprises disposant de milliers d'employés, le but est de s'assurer de la gestion de leurs ressources humaines. C"est-à-dire compiler des rapports individuels sur les employés en prenant en compte leurs absences, leurs attitudes professionnelles, leurs performances », explique Dharma Baggeet, le directeur des operations ITO chez Ceridian Mauritius.

Commençant ses opérations en 2000 avec 6 employés, Ceridian Mauritius décide de suivre la tendance d'alors et s'oriente en 2003 vers le secteur du BPO en desservant le marché anglais. « Neuf ans plus tard nous comptons plus de 700 employés. Nous avons su diversifier nos activités. Aujourd'hui 45 % de nos opérations se portent vers le secteur de l'ITO », poursuit Dharma Baggeet.

Ne voulant pas s'aventurer à dire que les centres d'appels ne sont plus d'actualité, notre interlocuteur reconnaîet néanmoins que la diversification est nécessaire pour toutes les entreprises souhaitant perdurer dans le secteur des nouvelles technologies. La main-d'oeuvre mauricienne est-elle suffisamment compétente pour s'embarquer dans ce processus de diversification ? A cette question, Dharma Baggeet considère que tout n'est une question de formation ainsi que d'échanges avec d'autres pays.

« Nous avons dans notre effectif un bon dosage entre employés mauriciens et ceux de l'étrangers, et nous sommes contents de voir que les deux côtés sont réceptifs », considère-t-il. Paula Lew Fai la directrice de la compagnie d'Astek explique que tout n'est qu'une question de formation. Le bagage académique, est une donnée fondamentale au sein de cette entreprise. « Chez Astek si un postulant n'est pas détenteur d'un BSC (licence), impossible qu'il soit embauché », explique-t-elle.

La formation est certes nécessaire mais si l'employé n'a pas un bagage il ne correspond donc pas au profil de la compagnie fait-elle ressortir. Paula Lew Fai indique toutefois que la compagnie Astek n'a pas pour autant été forcé d'avoir recours à la main-d'oeuvre étrangère, la preuve avance-t-elle sur les 120 employés d'Astek, seulement deux d'entre eux sont des expatriés.

Ce sont deux Malgaches. La main-d'oeuvre majoritairement mauricienne est appelée à travailler avec les géants internationaux tels que Hewlett Packard (HP) et France Telecom (FT) entre autres. Cette transition vers le secteur de l'ITO selon elle n'est en fait qu'une suite logique de l'épanouissement de ce secteur, « Maurice est juste en train de s'orienter vers le service haut de gamme », indique-t-elle.