Côte d'Ivoire: L'agence des télécommunications s'apprête à sanctionner

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Arthur Aloco Kouassi, Dg de l'Atci.L'Agence des télécommunications de Côte d'Ivoire (Atci), chargée de réguler le secteur, prépare ses arguments pour distribuer, s'il le faut, des cartons rouges aux opérateurs défaillants sur certains points. Le directeur des radiocommunications, Simon Koffi, répondant promptement à notre sollicitude, fait savoir qu'un audit doit avoir lieu.

Certainement, dans le mois de mai. Les appels d'offres sont en examen afin de retenir le cabinet qui assistera l'agence. Il s'agira d'installer des appareils dans des voitures qui sillonneront tout le pays. Objectif, déterminer le niveau de prestation des sociétés de téléphonie mobile. L'évaluation se fera en trois phases : au niveau de la voix, de l'Internet et des Sms. Cette opération se déroulera sur un mois et permettra d'avoir la photographie du réseau ivoirien à un moment donné.

Mais, l'Atci va plus loin. De fait, si bien de pays se contentent de cette forme d'évaluation, en Côte d'Ivoire, un cahier des charges permet de confronter régulièrement (mensuellement) les prestations des entreprises de téléphonie mobile à leurs obligations de qualité. Toutes les données des différentes sociétés sont recueillies et analysées par les services de l'agence. « Nous avons un outil qui permet de voir la qualité du réseau pour chaque opérateur, selon les normes internationales du Gsm », précise le directeur.

Ainsi, mensuellement un rapport est envoyé à chaque société. Ce document retrace tous les manquements observés au cours de cette période. A partir de cette date, l'opérateur dispose de 60 jours, soit deux mois, pour corriger la situation. Si ce délai passe sans que les dysfonctionnements soient rattrapés, alors la sanction tombe. M. Simon Koffi cite en exemple la panne sur une cellule.

Dans ce cas, la pénalité est de 300.000 Fcfa. Deuxième exemple de pénalité, les coupures. Si le taux de communications interrompues dépasse les 2% (taux de coupure) dans le mois, la société doit s'acquitter d'une amende de 300.000 Fcfa également. Quant au taux de congestion, troisième exemple, il permet de sanctionner l'entreprise, toujours à hauteur de 300.000 Fcfa.

Le directeur des radiocommunications souligne que pour 2011, les dysfonctionnements constatés seront passés sous silence. Car, bien des sociétés ont subi des dégâts liés à la crise. Mais, cette année, le régulateur reprend les choses en main pour remettre les acteurs au pas. Le directeur rappelle que souvent, les amendes payées par les opérateurs ont atteint 200 millions de Fcfa dans le mois et ont varié de 800 millions à un milliard de Fcfa annuellement, entre 2007 et 2008.

Il ajoute que ces derniers appréhendent surtout la publication des résultats des audits sur la qualité des réseaux. En effet, les chiffres ne sont communiqués, pour le moment, que sur le site de l'agence. Une large diffusion serait désastreuse car elle porterait atteinte à leur image. Quand l'Atci brandira-t-elle cette arme ? La prise de cette décision, selon M. Koffi, est au delà de sa compétence.

Toutefois, il souligne avec fierté le niveau atteint par la Côte d'Ivoire, en termes de régulation. Selon lui, beaucoup de pays viennent s'inspirer du modèle ivoirien. Surtout copier l'élaboration du cahier des charges qui y est en gestation. Il en veut pour preuve le passage des techniciens venant de la Mauritanie, de Djibouti, du Bénin, du Togo, du Nigeria, du Sénégal, du Cameroun, de la Centrafrique, etc.

Pour terminer, le directeur des radiocommunications livre quelques chiffres sur les équipements techniques des opérateurs. Il informe que les cinq sociétés travaillent sur un total d'environ 3500 sites avec trois cellules par site. Les sociétés Orange et Mtn ont, chacune, autour de 3000 cellules, contre environ 2500 pour Moov et les autres (Comium et Oricel), entre 1000 et 1500 chacune.