Burkina Faso: Enrôlement biométrique - La machine se grippe avant le démarrage

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L'enrôlement pour les élections couplées de décembre 2012 n'a pas encore commencé que déjà des grains de sable grippent la machine. Pour preuve, le refus des conditions de rémunération par les 300 informaticiens recrutés et formés par les soins de la société SOFNET, pour être mis à la disposition de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), afin qu'ils forment à leur tour les opérateurs et aides-opérateurs de kits.

L'information a été donnée au cours d'une conférence de presse le 15 mai dernier par le premier responsable de l'institution, Me Barthélemy Kéré, dont on lira la déclaration liminaire.

Celui-ci estime ne pas pouvoir satisfaire les revendications formulées à l'endroit de la Commission et, dans la foulée, a lancé un appel à candidatures pour pallier la défection des 300 recrutés.

Mais les ingénieurs informaticiens, comme s'ils regrettaient leur action, semblent être revenus à de meilleurs sentiments. C'est en substance ce qui ressort d'un point de presse que leurs représentants ont animé le jeudi 17 mai 2012 à Ouagadougou.

Mesdames et messieurs les journalistes

"Je voudrais vous remercier d'avoir répondu à ce point de presse que les circonstances nous ont conduits à convoquer de manière si urgente. Merci pour votre disponibilité et pour votre accompagnement dans le processus de préparation des élections couplées de 2012.

Comme vous le savez, nous devrions être ce matin en train de procéder au lancement de la formation des opérateurs de kits de Ouagadougou, de Koudougou et de Bobo-Dioulasso.

Cette formation devrait être assurée par les informaticiens, recrutés et formés par les soins de la Société Sofnet, pour être mis à la disposition de la CENI afin qu'ils forment à leur tour les opérateurs et aides-opérateurs de kits.

Mais comme certains d'entre vous l'ont sans doute déjà appris, dans la soirée d'hier lundi alors que nous étions en réunion du staff technique, nous avons appris que ceux-ci ont refusé les conditions de rémunération proposées par la CENI.

La Commission électorale nationale indépendante, sur la base de son budget approuvé par le gouvernement, avait proposé les conditions de rémunération suivantes au profit des formateurs /superviseurs :

1) Pour les formations des opérateurs de kits: les opérateurs de kits, ce sont les agents commis à la manipulation des machines d'enrôlement pour l'inscription des électeurs. Ils seront déployés dans les 12.131 emplacements d'enrôlement.

La CENI a proposé à chacun des formateurs des opérateurs, une somme forfaitaire de 150 000 FCFA pour une durée de trois jours de formation sur les sites de Ouagadougou, Koudougou et de Bobo-Dioulasso.

2) Pour la formation des aides-opérateurs de kits: les aides- opérateurs de kit sont les agents locaux recrutés dans tous les villages abritant les emplacements de kit d'enrôlement, chargés d'accompagner les opérateurs de kit et servant d'interfaces entre eux et les populations. Ils comprennent la langue locale et connaissent les us et coutumes des localités d'emplacement des kits.

Pour cette formation des aides-opérateurs, les formateurs se déplacent dans les chefs-lieux de commune et perçoivent une somme forfaitaire de 150 000 FCFA pour la formation qui a lieu en une journée, outre une indemnité de séjour dans la commune de 50 000 FCFA.

Chaque formateur est destiné à circuler dans chacune des quatre zones d'enrôlement du territoire national de telle sorte qu'après ses quatre jours de formation, il aura perçu une somme de huit cent mille (800 000) FCFA.

3) Pour la supervision de l'enrôlement: elle est confiée aux formateurs d'opérateurs de kit à l'issue de la phase de formation de ces opérateurs.

Après avoir perçu la somme forfaitaire de 150 000 FCFA pour la formation, ils perçoivent pour chaque zone d'enrôlement une somme forfaitaire de 175 000 FCFA outre une indemnité de séjour dans ladite zone de 75 000 FCFA.

La mission de chaque superviseur consiste à récupérer les données d'enrôlement des kits d'enrôlement de la Commune d'affectation pendant les dix jours d'enrôlement, puis à vider les kits pour les préparer au déploiement dans la prochaine zone.

Pour les communes de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso, la durée de l'enrôlement étant de 21 jours, il a été prévu pour chaque superviseur une rémunération supplémentaire de 100 000 FCFA pour la zone, d'où un total de 350 000 FCFA pour cette zone.

Le superviseur percevra ainsi 150 000 FCFA pour la formation, plus trois fois 250 000 FCFA, plus 350 000 FCFA soit un total de 1 300 000 FCFA pour une période de deux mois.

Les informaticiens avec lesquels nous avons discuté avant la mise en oeuvre effective de la formation ont traité ces conditions de dérisoires et réclament, outre le forfait de 150 000 FCFA pour la formation des opérateurs de kit, 300 00 F CFA et 100 000 F CFA d'indemnité de séjour par zone pour la formation des aides- opérateurs, avec 325 000 FCFA et 125 000 FCFA d'indemnité de séjour pour la supervision, soit un total de 3 550 000 FCFA par personne pour la période de deux (2) mois.

Au total et sans entrer dans le détail des calculs, je dois dire que l'incidence financière de ces réclamations couvre un montant de 428 900 000 FCFA pendant que nos disponibilités budgétaires sont de 239 300 000 FCFA. Nous devrions donc trouver une somme de 189 600 000 FCFA pour pouvoir satisfaire les revendications des formateurs.

Malgré les efforts déployés par les services techniques de la CENI (Directeur de l'Administration et des Finances, Directeur de l'Informatique et du Fichier électoral) pour leur expliquer les contraintes objectives qui sont les nôtres, ils ont maintenu leurs exigences.

Dans l'impossibilité d'obtenir des positions plus conciliantes, la CENI se voit obligée de considérer en priorité la nécessité impérieuse de sauver son processus et son chronogramme.

Les élections étant fixées au 2 décembre 2012, la CENI ne ménagera aucun effort pour le respect de cette date. C'est la raison pour laquelle elle a décidé, après les concertations nécessaires, de réorganiser les activités devant conduire à la formation des opérateurs et aides-opérateurs de kits.

Cela passe nécessairement par le recrutement d'autres personnes qualifiées et désireuses d'accompagner l'Institution selon les moyens financiers mis à sa disposition.