Surtaxe sur des appels internationaux entrants : Le gouvernement du Mali tient à l’appliquer au moment où d’autres pays y renoncent

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Malgré la déclaration du 17 février 2012 à Dakar dans laquelle les opérateurs télécoms de l’Afrique de l’Ouest réitèrent leur opposition au phénomène consistant à imposer une surtaxe gouvernementale sur le trafic international entrant, le gouvernement du Mali est toujours dans la dynamique de naviguer à contre courant en appliquant une taxe ou un tarif sur les communications internationales entrantes.

Dans certains pays africains, les gouvernements imposent une taxe de terminaison plus élevée sur les appels internationaux entrants et utilisent ensuite un instrument de contrôle du trafic obtenu auprès d’un partenaire privé pour mesurer ledit trafic.

Le Mali songe à introduire une taxe sur les appels internationaux entrants pendant que beaucoup de pays ont  abandonné cette pratique, notamment le Sénégal avec l’arrivée de Macky Sall au pouvoir, le Gabon et la Côte d’Ivoire.  Aussi, il faut signaler que cette surtaxe sur le trafic entrant n’est pas conforme au règlement international des télécommunications de l’UIT, ainsi que les textes communautaires de l’Uémoa et la Cédéao.

Malheureusement, cette initiative du gouvernement malien d’appliquer la surtaxe sur le trafic entrant risque de compromettre tous les efforts déployés ces  dernières années dans le domaine des télécommunications.  Face à une telle situation, le Mali devrait considérer les conséquences économiques de l’introduction d’une taxe sur les appels internationaux entrants.

A travers la déclaration N° 2 de Dakar, du 17 février 2012, l’introduction de cette surtaxe dans certains pays de la sous-région a permis de mesurer concrètement ses effets destructeurs sur le secteur. Cependant, il s’agit d’une part, de l’augmentation généralisée des tarifs aux consommateurs, supportée par  les populations locales et la diaspora, venant ainsi accentuer la fracture numérique. Dans de nombreux cas, les tarifs des appels intracommunautaires sont nettement plus élevés que ceux des appels vers le reste du monde, ce qui entrave l’intégration sous-régionale. D’autre part, cette surtaxe, en renchérissant sensiblement le coût de terminaison, provoque une augmentation de la fraude et une diminution du volume de trafic international entrant, du chiffre d’affaires des opérateurs et des recettes  fiscales.

A savoir qu’une telle pratique serait donc une menace pour la pérennité du secteur des télécommunications au Mali et par conséquent des milliers d’emplois directs et indirects générés par l’activité. En réalité, de telles surtaxes sont contre productives pour les Etats et portent préjudice à la fois aux opérateurs et aux consommateurs et mettent en péril les emplois du secteur des télécoms. Aussi, tous les pays qui ont mis en place ce système reviennent sur la mesure, mais entretemps beaucoup de dégâts auront été causés.
Pour toutes ces raisons évoquées, la sagesse et la prudence vont certainement pousser l’Etat malien à surseoir (à l’image du Gabon, du Sénégal et de la Cote d’ivoire) à cette décision, à engager des discussions avec les acteurs pour éviter de remettre gravement en cause les avancées notables réalisées dans le secteur des télécommunications au Mali.