Côte d'Ivoire: Inscription en ligne de Celpaid

Actualités de la convergence

L'inscription en ligne introduite dans le système éducatif par les nouvelles autorités à la rentrée scolaire 2011-2012 a causé de nombreux désagréments aux différents acteurs du système.

Les élèves, les parents d'élèves et de nombreux établissements privés ont été tout simplement grugés dans cette affaire, qui, pour beaucoup, a été une arnaque.

Les dernières victimes sont les élèves, dont la plupart s'apprêtent à aller en vacances cette année sans carte d'identité scolaire et des établissements privés contraints à l'inscription en ligne, mais qui n'ont, jusque-là, rien obtenu en retour.

Pour la première fois certainement dans le milieu scolaire, la quasi-totalité des élèves des lycées et collèges - plus de la moitié- iront cette année scolaire en vacances sans carte d'identité scolaire.

Une situation, dont ils sont victimes et qu'ils n'ont pas créée. Tout est parti de l'inscription en ligne initiée par la ministre de l'Education nationale, Kandia Camara Kamissoko, en partenariat avec Celpaid, une structure privée appartenant à Sanogo Mamadou, ministre de la Construction et de l'Urbanisme.

A la rentrée scolaire, en effet, le ministère de l'Education nationale a pris la décision de faire inscrire et réinscrire tous les élèves des lycées et collèges par internet à travers Celpaid.

Les parents d'élèves devaient payer à l'inscription ou à la réinscription la somme de six mille francs (6 000 F CFA), dont mille francs (1000 F CFA) par élève devaient revenir à la structure privée.

Une autre somme de mille francs (1000 FCFA) devait servir à la confection de cartes d'identité scolaires pour tous ceux qui auront effectué l'inscription en ligne. Combien sont-ils au total à avoir fait l'inscription en ligne et à payer les mille francs ?

A la Direction des Ecoles, Lycées et Collèges (DELC) et à la Direction de la Planification, de l'Evaluation et des Statistiques (DIPES) où nous avons approché des sources, on n'ose pas avancer un chiffre exact d'élèves inscrits et réinscrits à la rentrée scolaire et ayant donc payé les six mille francs (6000 F), dont mille francs (1000 F) pour la carte d'identité scolaire.

«Les gens entretiennent le flou. Ils ne communiquent pas de chiffre exact. Il y a tellement eu de magouille dans cette affaire, que des établissements ont des effectifs différents de ceux qui ont été souvent communiqués après les inscriptions, » explique une source proche de la DELC.

A en croire une source crédible, c'est environ un million d'élèves (1 000 000) qui ont payé mille francs (1000 F) pour la carte d'identité, soit un milliard de francs CFA.

La structure privée qui a procédé à l'inscription empoche autant selon le même calcul. Les parents ayant payé deux mille francs à Celpaid et pour les cartes d'identité ont payé ainsi environ deux milliards de francs. Le comble, c'est que huit mois après la rentrée scolaire, plus de la moitié des élèves est sans carte d'identité scolaire.

Les notes sont arrêtées depuis le vendredi 8 juin et les élèves s'apprêtent à aller en vacances sans ces cartes. Ceux qui seront exclus auront payé inutilement les mille francs, comme tous les autres d'ailleurs, puisque l'année prochaine ils devront renouveler les cartes, s'ils en avaient reçues. «Dans notre établissement, seulement le tiers a reçu une carte d'identité à ce jour.

Alors que nous avons près de deux mille élèves. On nous avait rassurés que les cartes viendraient progressivement et avant la fin de l'année scolaire,» confie un censeur sous le couvert de l'anonymat.

Et un autre d'ajouter : « Nous avons reçu des cartes d'identité scolaires d'élèves méconnus chez nous. Ils ne font pas partie de nos effectifs. Certainement qu'ils font partie d'autres écoles. Pendant ce temps, nombreux sont nos élèves, qui attendent toujours leur carte. » Les parents d'élèves crient à l'escroquerie.

« Par le passé, les enfants recevaient leur carte d'identité scolaire à l'inscription, qu'ils remplissaient plus tard. On payait cent francs ou deux cents pour la carte d'identité scolaire. Cette année, on nous a fait payer mille francs pour ces cartes, que nous n'avons pas vues.

C'est du vol, puisque l'année prochaine, il va falloir faire encore de nouvelles cartes pour l'année scolaire suivante, » se plaint Assémien Bosson, parent d'élèves. Ce n'est pas tout. Selon des sources, des établissements privés contraints par le ministère de l'Education nationale à l'inscription en ligne n'ont encore rien perçu.

Une source révèle que la direction du Service autonome de l'enseignement privé (SAEP) aurait déclaré au cours d'une réunion tenue en mars dernier au cabinet, que des chèques pour les Antennes pédagogiques étaient prêts.

Mais, à en croire des encadreurs pédagogiques, jusqu'à ce jour, ces Antennes n'ont encore rien perçu de concret. Des privés ayant reversé leur quotepart ont vainement attendu en retour les services des antennes. Les comités de gestion des établissements scolaires (Coges) sont, eux aussi, aux abois faute de moyens financiers pour fonctionner.

Mais où sont donc passés les fonds générés par les inscriptions en ligne ? Pourquoi l'école a-t-elle fonctionné cahin-caha cette année malgré cette nouvelle trouvaille censée réduire les problèmes financiers ? Qu'est-ce qui a bien pu bloquer jusqu'à présent la distribution normale des cartes d'identité scolaires ?