Cameroun: L'ART exige une baisse des tarifs de la téléphonie mobile

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Le régulateur demande à Mtn et Orange de baisser les prix en diminuant leurs marges.

La minute d'appel sur les réseaux de téléphonie mobile coûte encore assez cher, de l'avis des Camerounais. Une situation que l'Agence de régulation des télécommunications (ART) veut visiblement renverser. En tout cas, c'est ce qui ressort du communiqué rendu public jeudi par Jean-Louis Beh Mengue, directeur général de l'ART. Dans ce document, le gendarme du secteur rejette les offres techniques et tarifaires d'interconnexion de deux opérateurs que sont la Mobile Telephone Networks Cameroon Limited (Mtn Cameroon) et Orange Cameroun SA. Motif, ces derniers n'ont pas tenu compte des recommandations de l'ART parmi lesquelles la baisse des tarifs d'interconnexion et des tarifs des SMS.

Faut-il le rappeler, l'interconnexion est le processus qui permet de communiquer d'un opérateur à l'autre. « Dans d'autres pays, cela n'est pas possible. Les consommateurs ne peuvent communiquer qu'entre clients d'un même opérateur », explique une source à l'ART, et d'ajouter qu'au Cameroun, « Camtel est la passerelle entre Orange et Mtn et chacun des opérateurs doit lui reverser quelque chose chaque fois que l'usager d'un opérateur passe par ce carrefour pour atteindre l'autre opérateur ». Actuellement, les coûts hors taxes de cette interconnexion sont situés entre 33 et 37 F chez Orange et entre 33 F et 38 F chez Mtn. Quant aux SMS, ils coûtent 10,5 F chez Orange et 11,5 F chez Mtn. Mais l'ART veut que ces deux services, très demandés, reviennent respectivement à 28 F la minute d'appel et 10 F le SMS pour tout le monde.

Le rejet de ces catalogues implique donc que les deux opérateurs doivent faire d'autres propositions au régulateur. Surtout que selon certaines indiscrétions, les membres du duopole téléphonique gagneraient à faire valider ces différents catalogues. « Sans cette validation, aucun d'eux ne peut percevoir les compensations de l'autre, liées à l'interconnexion », explique notre source. En effet, chacun reçoit une compensation en fonction des appels en direction de l'autre opérateur. Une affaire de gros sous. Et plus, entraîenant à faire valider leurs catalogues, moins grosse sera l'enveloppe, car le régulateur affirme que l'adoption des nouveaux plans tarifaires sera rétroactive. Donc avec effet dès le début de l'année 2012.

Les recommandations de l'ART s'appuient entre autres sur une simulation informatique de la Banque mondiale qui a permis d'établir le juste prix en 2010 à 32 F. En attendant que les « bonnes » décisions soient prises, c'est le consommateur qui n'arrête pas de consulter son crédit à la fin de chaque appel pour savoir s'il lui en reste assez pour le prochain...ou pour un bip.