L'Ethiopie met en place un système de surveillance du Web

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Un système de surveillance à grande échelle d'Internet a été discrètement mis en place en Ethiopie, utilisant une technologie qui permet d'espionner l'ensemble des communications Web du pays, révèle le quotidien La Croix.

A la mi-mai, les responsables du projet Tor, un logiciel de contournement de la censure, notent que le nombre d'utilisateurs de leur programme chute brutalement. Après étude de ce trafic anormal, les responsables du projet ont conclu que le pays avait mis en place un système de Deep Packet Inspection (DPI) : cette technologie consiste à 'scanner' les données circulant sur un réseau, sans les intercepter directement. Schématiquement, c'est un peu l'équivalent de lire le contenu d'une lettre en exposant son enveloppe à la lumière : le courrier n'est pas ouvert, mais son contenu a été lu... Régulièrement visée par les organisations de défense des droits de l'Homme (PDF), l'Ethiopie a connu, ces trois dernières années, un impressionnant renforcement de son arsenal législatif limitant la liberté d'expression, note l'organisation Reporters sans Frontières.
 
Le gouvernement a notamment rendu les imprimeurs conjointement responsables de ce que publient les journaux, et tente d'imposer la mise en place de contrats d'impression qui donneraient un pouvoir de censeurs de fait aux imprimeurs - le principal étant contrôlé par l'État. Le gouvernement a également banni l'utilisation de services de téléphonie par Internet (VOIP), évoquant des raisons de sûreté nationale et la protection de son monopole d'Etat. L'utilisation d'un service comme Skype est théoriquement puni de quinze ans de prison. Si des cas de blocage de sites Web ont déjà été signalés en Ethiopie, ils sont jusqu'à présent restés rares - vraisemblablement en raison du faible taux d'accès à Internet dans le pays.