Burkina Faso: ARCEP - Pour une réflexion sur une stratégie de passage de IPv4 à IPv6

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Sur initiative de l'Autorité de régulation des communications électroniques, et des postes (ARCEP), se tient du 25 au 28 juin 2012 à Ouagadougou, un séminaire de formation sur la gestion des ressources internet et la migration vers IPv6. Poser les bases de la réflexion pour l'élaboration de la stratégie de passage de IPv4 à IPv6, c'est l'objectif poursuivi par l'organisation de ce séminaire.

« La croissance exponentielle de la demande d'adresse IP a fait de l'internet une victime de son propre succès. C'est pourquoi, il est très urgent de songer au futur en programmant le passage à la nouvelle norme IP version 6 ». C'est en ces termes que Youma Zerbo, secrétaire général du premier ministre, a justifié l'intérêt que le gouvernement burkinabè accorde à ce séminaire. Que sont IPv4 et IPv6 ?

Selon Alain Aina, chef de projet, représentant de AfriNIC, ce sont des versions de protocole internet. « Internet fonctionne avec des numéros que nous appelons des adresses IP qui sont des identifiants. Chaque noeud qui est sur Internet doit avoir cet identifiant qui est unique.

Alors que Internet a démarré avec une version de protocole qui était limitée à 4 milliards d'adresses dans les années 60-70, aujourd'hui, avec la croissance d'Internet, on manque d'adresse IP.

C'est pourquoi on a décidé de migrer vers un nouveau protocole qui offre plus d'adresses et plus de fonctionnalité », a expliqué le représentant de AfriNIC.

Pour Yacouba Koussoubé, président du comité d'organisation, l'objectif visé par l'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP) en organisant ce séminaire est de poser les bases de la réflexion pour l'élaboration de la stratégie de passage de IPv4 à IPv6.

La présente session de formation organisée avec la collaboration de l'Organisation internationale de la francophonie, de AfriNIC et de l'ICANN, l'organisme international en charge de la gestion des ressources internet, permettra à chaque structure participante de tirer les enseignements de son expérience et de celle des autres, et d'accroître aussi ses capacités.

La rupture prochaine du pool central IPv4 au niveau de l'ICANN et son impact sur la région Afrique étant inévitable, selon Youma Zerbo, « les adresses IP doivent être gérées avec rigueur et prévoyance », dira Yacouba Koussoubé.

« C'est ce qui justifie en partie l'implication de l'Autorité de régulation dans la conduite du processus d'élaboration de la stratégie », a-t-il indiqué. Fort heureusement que beaucoup d'appareils sont d'ores et déjà compatibles à IPv6.

Selon Alain Aina, représentant de l'AfriNIC, activer la migration de IPv4 à IPv6 permettra à l'utilisateur lambda d'avoir un meilleur internet qui répond à ses besoins. Et pour que internet puisse répondre à tous ses besoins, il faut qu'il migre vers ce nouveau protocole qui permettra d'avoir un internet plus grand et plus performant.

Le secrétaire général du Premier ministre a rappelé que, d'après les estimations des Nations unies, la population d'internautes atteindra 3,4 milliards d'ici à 2016, soit environ 45% de la population mondiale qui sera connectée à Internet. La cérémonie d'ouverture a connu la présence de Mathurin Bako, président de l'ARCEP.

Selon Alain Aina, le représentatn de l’AFRINIC:

« Internet de demain se fera sur IPv6 »

« La migration en question, c'est le fait de la coexistence entre les deux IPv4 - IPv6. On ne va pas le faire comme on le fait pour le téléphone.

Ici on a décidé de faire cohabiter les deux jusqu'à ce que, progressivement, on puisse aller vers IPv6. Mais Internet IPv6, personne ne peut vous dire quand cela va avoir lieu. On va, peut-être, avoir internet avec IPv4-IPv6 pendant longtemps. Mais l'Internet de demain se fera sur IPv6 ».