Internet: Tranches de vie de Madagascar au Libéria

L'éditorial du mois

Au début du mois d'août le journal l'Express a interviewé des jeunes malgaches sur leurs comportements vis à vis de l'Internet. Ci-dessous Balancing Act reproduit trois tranches de vie. Selon Isabelle Gross, responsable de recherche à Balancing Act, de plus en plus d'Africains peuvent s'identifier à ces jeunes de Madagascar et cet engouemant va grandissant. Au Libéria, un des pays les plus pauvres en Afrique, la jeunesse ne se comporte pas différemment vis-à-vis de l'Internet que les jeunes de Madagascar. Bien sur il y a d'autres freins à la pénétration de l'Internet et nous y reviendrons à la fin de l'article après avoir laissé la parole à Tifanie, Mialy et Manda

- Tifanie- « Je dépense AR2,000 (0.70 Euros) par jour pour facebook et les sms »
L'internet prend une part importante dans la vie de la plupart des jeunes malgaches. Il en est ainsi pour Tifanie qui vient de passer en classe terminale, cette année.

Il ne se passe pas un seul jour sans qu'elle ne se connecte pas sur facebook depuis son téléphone portable. D'autant plus qu'elle est abonnée à l'offre facebook illimité d'un opérateur en téléphonie mobile.

« Mon téléphone sert à vérifier les nouvelles des amis sur facebook, et à envoyer des textos. En moyenne, je dépense Ar 2,000 par jour », avoue-t-elle.

Ce site social devient au fil des ans son favori. La preuve : son compte atteint déjà les 5,000 autorisés. Même si elle n'en connaîet véritablement dans la vie que 500.

- Mialy - « Mes études nécessitent l'utilisation du net »
« Le téléphone me sert à la communication avec mes proches. C'est son utilisation basique. À cela s'ajoute une certaine utilisation professionnelle », déclare Mialy, étudiante au Centre national de télé-enseignement de Madagascar.

En suivant un enseignement à distance, elle se connecte plutôt à l'internet pour ses études, pour la documentation. Comme nombre de Malgaches, le cybercafé est l'endroit idéal pour surfer sur le net.

« L'internet est un outil indispensable à mes études. La recherche de documents, de cours, de sujets est facilitée grâce à cette technologie. Le temps passé sur le net varie en fonction de mes recherches.

À cela s'ajoute la consultation des mails. Mais cela ne m'empêche pas de visiter mon compte facebook, le temps de vérifier les nouvelles des amis », continue-t-elle.

- Manda - « L'internet, c'est pour le divertissement »
Comment pourrait-elle passer sa vie sans son téléphone Manda ne l'imagine même pas. Elle fait partie de cette génération « branchée » où le langage « sms » intègre sa vie quotidienne. Tout comme les autres, elle se connecte sur facebook via son téléphone ou sur ordinateur.

« Facebook me tient au courant de tout ce qui se passe autour de moi, et me permet de connaîetre les nouvelles de mes amis », confie-t-elle. « Mes dépenses quotidiennes varient selon les besoins », ajoute-t-elle. D'autant plus qu'elle bénéficie d'une connexion internet chez soi.

Cette étudiante en management consulte l'internet pour visionner les vidéos ou les tubes qui cartonnent sur Youtube, et bien évidemment pour consulter ses mails. C'est une question de divertissement.

Divertissements, informations ou communications, ce sont bien ces activités qui nous unissent tous lorsque nous parlons de l'Internet. Chacun y trouve son compte sans doute mais il reste toujours beaucoup à faire en terme d'accès d'une plus grande partie de la population en Afrique à l'Internet.

Au Libéria, l'opérateur mobile Cellcom qui a lancé son réseau 4G (technologie HSPA+) en juin dernier, a rencontré un vif succès mais pour maintenir cette vitesse de croissance il va lui falloir faire plus. La vitesse de téléchargement de la technologie HSPA+ est de l'ordre de 21Mbps et offre de aux Libérians qui peuvent se le permettre de surfer Facebook et de regarder des vidéos sur YouTube sans interruptions et sans longue attente. Mais qu'en est-il du reste de sa clientèle 2G dont une partie aimerait sans doute expérimenter la 4G? A moins de leur proposer des téléphones 3G à des prix plus abordables (en dessous de 50 dollars US) et des services Internet haut-débit beaucoup moins chers, ils resteront malheureusement sur leur faim.