Burundi: Le numérique se fait attendre

Actualités de la convergence

Tous les pays vont migrer vers le monde numérique d'ici juin 2015. Cette date prise lors du colloque de l'Union internationale des télécommunications risque de ne pas être honorée par certains pays africains, notamment par le Burundi. Ce dernier affiche déjà un retard en ce qui concerne les préparatifs. Au moment où d'autres pays de la communauté est-africaine ont déjà entamé le processus.

"C'est un changement utile mais qui demande beaucoup de moyens", déclare le directeur de la Radio Publique Africaine. Eric Manirakiza ne cache pas son inquiétude en ce qui concerne cette mutation. "Qui serait derrière tout cela ? Ne serait-ce pas une autre forme de business ?", se demande toujours le directeur de la RPA, une radio locale au Burundi.

Selon lui, même la Belgique, pays partenaire du Burundi, a annoncé il y a deux mois qu'elle ne pourra pas faire cette mutation qui risque de nuire à certains médias belges. Alors comment le Burundi pourra-t-il y arriver ? Pour Eric Manirakiza, le rendez-vous de 2015 ne sera pas honoré. "C'est impossible que ce processus réussisse sans que les concernés soient associés", déclare le directeur de la radio Bonesha Fm. Patrick Nduwimana demande que des journalistes soient associés à ce projet, car, souligne-t-il, ça ne concerne pas le gouvernement seulement.

Du côté des responsables des télécommunications, le directeur général de l'Agence de régulation des télécommunications au Burundi dit que la motivation vers cette mutation n'est autre que la gestion des fréquences. "La capacité de gérer les fréquences au niveau des radios et télévisions posent problème et ça a aussi un impact sur l'environnement", précise Salvator Nizigiyimana.

Selon lui, les avantages sont nombreux, il y aura distribution de plusieurs fréquences, des canaux de distribution et de réception avec un équipement performant. Néanmoins, le directeur de l'ARCT signale que cette mutation est complexe. Selon lui, de gros moyens financiers sont nécessaires pour la réussite de cette mutation, la mise en place des lois en la matière et l'accès facile au décodeur qui sera utilisé par les bénéficiaires.

Mais d'un autre côté il y a les pays de la communauté est-africaine qui sont en avance en ce qui concerne les préparatifs vers le numérique. Les Agences de télécommunications de la Tanzanie par exemple sont sensibilisées et se préparent aussi financièrement.

"Les médias de la communauté est-africaine devraient se conformer à la mutation vers le numérique car elle est avantageuse", annonce le directeur de l'Agence de régulation des télécommunications en Tanzanie. John Nkoma dit que la sensibilisation produit de grands résultats dans son pays. D'ici début 2013, la Tanzanie sera déjà dans le numérique. Toujours selon John Nkoma, même les informations faisant état de changement de postes téléviseurs et radios sont fausses. La population sera uniquement informée qu'il faut acheter les décodeurs pour accéder aux différentes émissions.

"Un changement cher oui, mais qui demande uniquement un ajustement", ajoute John Nkoma. Pour lui, le premier téléphone portable était trop cher sur le marché mais cela n'a pas empêché qu'il soit acheté. La Tanzanie, l'Ouganda et le Kenya sont les pays de la communauté est-africaine qui ont déjà entamé le processus de migration de l'analogique au numérique.

Le problème qui se pose actuellement pour le Burundi et le Rwanda n'est autre que la fibre optique qui facilite les télécommunications et l'accès à l'internet qui n'est pas encore installé dans ces deux pays. Entre-temps, chaque pays de l'EAC doit établir une feuille de route de cette migration, qui sera présentée avant la fin de 2012.