Sénégal: Renégociation de la licence Tigo - Des milliards et des points d'interrogation

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Le député libéral, Ousmane Ngom en marge du vote du budget de la loi de finances 2013 a manifesté son étonnement sur l'omission de l'utilisation de l'argent de la licence Tigo Milicom.

La destination et l'utilisation des 53 milliards récoltés de la renégociation de la licence de l'opérateur Tigo intriguent l'opposition parlementaire. Hier, lors du vote de la loi de finances 2013, le député libéral Ousmane Ngom a voulu en avoir le coeur net lors d'un deuxième tour. Mais, il a buté sur un refus du président de l'Assemblée nationale lorsqu'il a voulu faire une explication de son vote.

Ce que le député libéral assimile à une fuite en avant du nouveau régime qui ne voudrait pas s'expliquer sur les termes et les finalités de la vente de cette licence globale de télécommunication, après renégociation, à Millicom International Cellular qui opère au Sénégal sous la marque Tigo.

«Je n'ai pas voté ces prévisions de recettes parce que le gouvernement a dissipé des recettes importantes qui auraient pu renforcer considérablement le budget et permettre des réalisations importantes. Dans le projet Tigo, réalisé récemment, le régime actuel a vendu la licence à 50 milliards de francs alors que cette licence vaut, selon les experts et des banques, au moins 175 milliards de francs», rouspète-t-il.

Et M. Ngom de poursuivre : «Si on avait fait un appel d'offre, aujourd'hui, on aurait pu avoir cette somme. Le régime libéral, avant de quitter le pouvoir, avait déjà discuté, négocié longuement avec les responsables de Millicom et avait obtenu d'eux, l'acceptation du paiement de cette licence avec comme référence Sudatel dont la licence a été vendue à 100 milliards de francs. Donc, avec l'opération que le gouvernement de Macky Sall vient de faire, le Sénégal a perdu 125 milliards».

L'ancien ministre de l'Intérieur du président Wade estime que cette somme aurait pu permettre de faire face aux problèmes de l'électricité, de la dette et de la subvention des prix des denrées de première nécessité. Ne s'arrêtant pas en si bon chemin, Ousmane Ngom se demande même où est allé cet argent.

Parce que, dit-il, cette manne financière, même si elle est dérisoire, ne figure ni dans le budget encore dans la loi de finance rectificative. «On nous dit même que le gouvernement aurait relayé cet argent au niveau des banques pour emprunter de l'argent rapidement avec des intérêts qui vont être payés à des centaines de milliards.

Donc, c'est ça qu'on appelle la bonne gouvernance, la rupture ?», s'interroge le député libéral. Qui estime que ceci est l'exemple type du mix mangement. Les députés ont adopté la loi de finances de l'année 2013 qui a connu une hausse de 186 milliards 33 millions de francs. Ainsi, elle a été arrêtée à 2 531 milliards 116 millions de francs contre 2 344 milliards 786 millions de francs en 2012.