Madagascar: Communication - Tollé général contre le tarif flotte

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La décision de facturer les communications interflotte, auparavant gratuites, a provoqué l’indignation du secteur privé

Le secteur privé s'insurge contre la décision de modification du contrat de flotte. Une rencontre avec les trois opérateurs mobiles est prévue cet après midi.

Pourquoi les opérateurs mobiles ont-ils accepté cette décision Telle est la question que se pose le secteur privé suite aux modifications des conditions d'abonnement imposées par l'Office malgache d'études et de régulation des télécommunication (OMERT). En effet, les dés sont jetés. Les entreprises ont été avisées par leur opérateur mobile, excepté Airtel, de la modification unilatérale de leur contrat de flotte à partir du 1er avril . Ce fait a suscité l'incompréhension, mais également l'indignation de la part du patronat.

« Il s'agit d'une prestation commerciale, une affaire entre les privés ! L'OMERT n'a pas à imposer sa décision comme ça », s'insurge un chef d'entreprise dans le secteur de la production. En effet, les opérateurs rapportent que « l'OMERT a formellement demandé à tous les opérateurs mobiles d'appliquer des tarifs minimum pour l'ensemble des communications, y compris celles des intra-flottes (...) En particulier, l'OMERT a exigé la suppression de la tarification à 0 Ar (...) ».

D'après Augustin Andriamananoro, directeur général de l'Office, « cette décision a été prise afin d'éliminer des usages abusifs des flottes. Cela engendre des saturations de réseaux et pénalise les clients prépayés ».

Une source auprès des opérateurs confirme ce fait. Cependant, « certains usagers appellent trop longtemps pendant les heures de pointe. Mais nous constatons également la même chose, voire pire auprès de l'administration publique. Cette dernière est cependant épargnée par cette modification », confie -t-il.

D'où, il revient au secteur privé de tout endosser. Les entreprises rapportent que cette décision entrainera un surcoût non négligeable. Elle risque d'affecter leur budget qui est déjà fixé pour la plupart au début de l'année. « Cette décision engendrera un surcoût de plus de 20% au niveau de notre facture », témoigne un haut responsable auprès d'une entreprise de média. « Le montant de l'abonnement reste inchangé », rajoute -t-il.

Face à cette situation, une rencontre entre les opérateurs et les groupements des patronats est prévue dans l'après midi aujourd'hui. Orange, Telma et Airtel devraient s'expliquer, entre autres sur les raisons qui les ont poussés à accepter cette décision administrative. Ils devront également trouver un moyen de réviser les contrats au profit des deux parties. La rencontre risque ainsi d'être très tendue. Des chefs d'entreprises disent qu'ils vont même jusqu'à demander aux opérateurs de trouver un moyen de supprimer cette mesure.