Congo-Kinshasa: Terminaison des appels entrants - Subite augmentation du trafic

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Le trafic sur la RDC a augmenté de 30% comme par un coup de baguette magique. Serait-ce la conséquence des flux ou la peur du policier ?

Les mois de janvier et février 2013, les déclarations du nombre des minutes d'appels entrants ont implosé de manière spectaculaire, par rapport à 2012 pour la même période. Les statistiques démontrent que les choses ont évolué positivement dans les déclarations et la perception des taxes dues au Trésor public.

Depuis plus de 5 ans, les revenus engrangés par l'Etat sur les terminaisons d'appels sont restés relativement stable autour d'un million USD mensuels. Vraisemblablement, le phénomène ou l'ampleur de l'utilisation illégale des Sim box, malgré les luttes successives de différents gouvernements sur ce fléau, serait en voie d'être endiguée.

La donne serait donc en train de changer, pour la première fois. L'Etat a décidé de mettre en place un contrôleur d'appels entrants sur le code 243. Sans coup férir, les déclarations des opérateurs a quasiment implosé.

De 24,6 millions de minutes d'appels en janvier 2012, pour la même période, le plafond de 32,6 millions de minutes est allègrement franchi alors que le régime des déclarations est toujours en vigueur. Les choses semblent aller dans le bon sens au regard des performances des recettes engrangées par le Trésor public, comparativement à l'année dernière pour la même période.

De même, en février 2012, les déclarations étaient de l'ordre de 21,6 millions de minutes alors qu'en 2013, elles sont de 28 millions de minutes. Les recettes ont également suivi la même tendance. 1,2 million USD en janvier 2012 contre 1,6 million USD pour la même période. En février 2012, les recettes en dollar américain étaient de 1 million USD, elles ont atteint 1,4 million en 2013. Bref, l'augmentation est de l'ordre de 32% en janvier et 29% février.

Il est des opérateurs dont les déclarations sont passées du simple au double, voire au quadruple. D'autres ont connu une augmentation dans des proportions compréhensibles, notamment Airtel.

Au mois de janvier, le gouvernement a scellé un accord de partenariat avec le consortium Télécom-Agilis dont l'opportunité nous avait semblé préjudiciable, autant que le régulateur et les opérateurs.

Cet accord obligeait les opérateurs à fournir tous les mois au consortium les traces numériques des appels entrant, sortant de leur Switch (équipement). En effet, les opérateurs ont renâclé ce contrat durant des mois, considérant que le gouvernement allait dans le mûr et que cette opération ne sera pas efficace.

C'était peu dire, car ce sont les mêmes opérateurs qui manifestement tardent à coopérer en fournissant les éléments qui permettent au consortium de faire le travail de retraçage. Certes, chacun dans son camp a ses arguments. Mais regardons les choses froidement.

Le souci dans la terminaison des appels sur le 243 est réel. En effet, les opérateurs sont dans une posture de refus de négociation avec le gouvernement sur la gestion de la fraude sur les appels entrants. Ils ont opposé un refus catégorique dans le financement de la lutte contre la fraude. Rien n'indique que les opérateurs faciliteront la tâche dans le volet technique afin de mettre à disposition du consortium les traces numériques des appels entrants. Un temps relativement long est mis pour la connexion des infrastructures des uns et de l'autre (consortium).

Apparemment, les éléments transmis seraient corrompus, donc inexploitables, à en croire un cadre de Télécom-Agilis, qui entend être opérationnel dans les prochains jours. Ceci peut facilement laisser penser que la fuite des finances de l'Etat ne s'opérer pas qu'avec des opérateurs clandestins de Sim box.

Il nous revient également qu'un procès contre l'Etat serait déjà en préparation, le cas tchadien faisant jurisprudence.