Ile Maurice: Quand technologie et écologie font bon ménage

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Les déchets électriques et électroniques n'ont cessé de croître ces dernières années, d'autant plus que le secteur des Technologies de l'Information et de la Communication est devenu le 3e pilier de l'économie locale. Mais qu'en est-il de l'élimination de ces déchets ?

Nos équipements usagés, qu'il s'agisse d'un vieux mobile ou d'un réfrigérateur qui ne marche plus, n'ont désormais plus pour destination finale inéluctable le dépotoir - ou, pire, le premier terrain vague venu. La revalorisation des Déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) est une réalité à Maurice, offrant une alternative à leur décharge inconsidérée dans la nature.

Parler des DEEE, c'est avant tout penser en termes de revalorisation ; c'est employer différemment ou recycler les composants de ces équipements. Du reste, les avantages écologiques du recyclage sont notables dans la mesure où les métaux lourds comme le nickel, le cadmium, le mercure, le plomb, le zinc ou l'arsenic sont des substances dangereuses. Un moniteur, par exemple, contient du baryum et du phosphore, des éléments considérés comme toxiques et susceptibles de contaminer les cours d'eau s'ils sont enfouis, comme l'est une large partie des déchets à Maurice. Aussi, ces «carcasses» finissent trop souvent dans les rivières ou en bordure de routes, alors qu'elles contiennent des métaux précieux, comme l'or, le palladium ou l'indium. Ordinateurs, portables, mobiles... Le mode de vie des Mauriciens est marqué par l'omniprésence de l'informatique et des appareils de télécommunications. Or ceux-ci deviennent très vite obsolètes, alors que leur réparation devient de plus en plus complexe. Les coûts de ces mêmes réparations, surtout s'il est nécessaire d'envoyer les appareils en question à l'étranger, provoquent le réflexe de la nouveauté. Mais que faire de ces appareils en fin de vie ?

Traitements et recyclage Le mieux, c'est de les confier à des sociétés, dont la spécialité est de traiter ces déchets comme il se doit, et qui en assurent la traçabilité. Ce faisant, l'on évite aux composantes nuisibles à l'homme et à la nature de se répandre dans l'environnement. Dans la mouvance de Maurice île Durable, plusieurs de ces sociétés ont vu le jour. Barbara Lopez, directrice générale de la société Recyclage Valorisation Environnement (RVE) nous explique la procédure de traitement. «Tout commence par la collecte des déchets chez le client après l'organisation du transport», explique-t-elle. L'étape suivante sera le démantèlement sur le site de RVE, où les équipements seront triés et les composants séparés. Une partie de ceux-ci seront recyclés et/ou valorisés. Notamment sur le marché local, comme pour les métaux ferreux et une certaine catégorie de plastiques.

Quant aux composants qui demandent un traitement spécial, ils sont exportés vers des pays qui vont continuer le travail de revalorisation, comme la France, l'Afrique du Sud ou, comme dans le cas de RVE, à la Réunion, où se trouve sa maison mère.

LE CHIFFRE : 7 584 T C'était le volume des DEEE produits à Maurice en 2011, comme estimé par la section «Solid Waste» du «Local Government Act», soit environ 6 kg par an par habitant. Un chiffre qui ne cesse de croître. La part de ces déchets qui étaient convenablement traités n'était que de 1 600 tonnes. En comparaison, un pays comme la France produit environ 25 kg de DEEE par an par habitant. À travers le monde, environ 50 millions de tonnes de DEEE sont produites chaque année.