Transform Africa à Kigali - Ali Bongo Ondimba et le Gabon numérique

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Le président de la République, Ali Bongo Ondimba, intervenant au sommet TransformAfrica 2013, qui s’est tenu à Kigali (Rwanda) jusqu'au 31 octobre 2013, à l'initiative du président du Rwanda, Paul Kagamé, et du secrétaire général de l'Union internationale des télécommunications (UIT), Hamadoun Touré, a confirmé l'engagement du Gabon dans la démocratisation des technologies de l'information en souhaitant l'émergence de l'entreprenariat digital africain.

Selon le Président gabonais, il s'agit d'une "première étape sur la voie de l'indépendance numérique dans le raccordement du Gabon en 2015 à la dorsale optique haut-débit d'Afrique centrale."

Organisé dans la capitale rwandaise six années après la tenue, à Kigali déjà, du sommet Connecter l'Afrique, Transform Africa 2013 marque la détermination des dirigeants africains à mettre un terme à la fameuse « fracture numérique ». Pour le président gabonais, qui figure parmi les invités spéciaux de ce rendez-vous de cyber-stratégie, des investissements considérables sont encore nécessaires afin de progresser vers les objectifs définis en 2007 par la Banque africaine de développement : interconnexion des capitales africaines en haut-débit, accès partagé aux télé-centres communautaires, mesures réglementaires pour la régulation des prix. Aujourd'hui, les technologies de l'information et de la communication (TIC) occupent une place centrale dans le jeu économique mais aussi dans les relations entre les hommes et les États.

Ali Bongo Ondimba souligne : « Le sous-développement de l'Afrique commence au jardin d'enfants ! ». Rappelant qu'une croissance de 10% de la pénétration du haut-débit impliquait, quasi mécaniquement, une augmentation d'1,2% de la richesse nationale, le chef de l'État détaille les multiples effets de l'internet en bande large, de la collecte des impôts à la diffusion facilitée des informations, de l'enseignement numérique aux besoins en infrastructures des investisseurs connectés au monde. Une ambition de modernité confortée par le rapport Doing Business 2014 sur la facilité de faire des affaires, au sein duquel le Gabon gagne 6 places.

Adopté lors de Transform Africa 2013, le manifeste Smart Africa porte l'engagement des chefs d'État présents à Kigali à « accélérer le développement socio-économique durable et à engager l'Afrique sur la voie de l'économie du savoir à travers l'accès abordable aux services à haut-débit ». Co-présidée par Paul Kagamé, la Commission UIT-UNESCO pour le développement numérique révèle que d'ici à la fin de l'année 2013, on comptera trois fois plus de connexions au haut-débit mobile que d'abonnements à une connexion haut-débit fixe : l'Afrique, continent du « portable », est au cœur de cette révolution du web nomade boostée par la croissance la plus rapide de l'histoire humaine.

Au Gabon, voici « la première étape sur la voie de l'indépendance numérique », dit encore le président Ali Bongo Ondimba. Alors que l'Agence de régulation des communications électroniques et des Postes (ARCEP) vient de recevoir le prix du meilleur régulateur d'Afrique centrale, le pays se prépare par la dérégulation, la connexion au câble sous-marin Africa Coast to Europe (ACE), l'attribution de licences 4G, à embrasser son « e-futur ». Devant les participants de Africa Transform 2013, le chef de l'État évoque ainsi encore la construction de la première tranche de la Dorsale optique d'Afrique centrale (Central African Backbone, financement Banque mondiale), une fibre qui s'étendra sur 5800 km au sein de la CEMAC et alentours, permettant notamment en 2015 la création de la télévision numérique terrestre (TNT). Autorisant également une plus grande accessibilité de l'offre tarifaire dans une région enclavée par rapport aux grands réseaux mondiaux, et donc techniquement empêchée de produire du haut-débit à bas prix.

Innovante et volontariste, l'approche gabonaise de la révolution numérique se déploie dans le champ social et administratif à travers le Système d'information de l'administration gabonaise (SIAG), vecteur de dématérialisation et de décentralisation des services aux usagers, ceci en parfait écho aux recommandations Smart Africa adoptées à Kigali. Comme encore l'initiative annoncée par Ali Bongo Ondimba en faveur de l'entreprenariat : les jeunes gabonais sont invités à devenir des développeurs de cyber-produits. « Notre objectif est de lancer en 2014 le premier incubateur d'appui aux créateurs du numérique. »