Tunisie: Introduction en bourse de l’équipementier Cellcom

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Le fabricant du premier téléphone mobile 100% tunisien « Evertek » fait aujourd'hui son entrée en Bourse, la première introduction en 2014. L'ouverture des souscriptions à l'augmentation du capital de l'entreprise « Cellcom », propriétaire de la marque « Evertek », a commencé hier et se poursuit jusqu'au 17 janvier. L'opération vise à porter le capital de 3 531 296 dinars à 4 461 532 dinars, «par voie de souscription publique à 1 395 354 actions à émettre d'une valeur nominale de 1 dinar chacune représentant 31,3% du capital après la réalisation de ladite augmentation», peut-on lire dans le communiqué de cette opération.

Et pour les investisseurs, il convient de savoir que le prix de l'action a été fixé à 7 dinars. Mais au-delà du prix, les investisseurs ont, certes, besoin de plus de données sur cette jeune entreprise qui évolue dans un secteur concurrentiel, où des géants comme Nokia, Blackberry ou Motorolla se sont cassé les dents. Surtout que le business plan adossé au dossier de l'introduction de la société porte sur l'activité de la téléphonie mobile. Pour ce faire, on a rencontré Mohamed Ben Rhouma, Pdg de «Cellcom», qui n'a pas caché son ambition de devenir une marque africaine. Tenant le dernier cri de sa gamme de smartphones à la main, il insiste : «Sans complexe, je le compare aux derniers smartphones d'Apple et Samsung». En effet, le dernier cri de la marque tunisienne est le couronnement des efforts de développement consentis durant l'année 2013. La société, explique-t-il, s'est investie à fond sur les smartphones à tel point que pour le même prix elle offre les mêmes garanties et plus d'options. «Ce qui nous a permis de vendre plus d'un million d'appareils en si peu de temps, et plus d'une trentaine de millions de dinars de chiffre d'affaires en 2013», vante-t-il la performance commerciale de sa société. «Alors qu'on avait tablé sur la vente de mille appareils par mois, seulement», rappelle-t-il. Et il a imputé, en partie, cette performance à la métamorphose qu'a vécue le secteur de la téléphonie mobile ces dernières années.

«A partir de 2011, les smartphones, ces appareils où convergent plusieurs fonctionnalités, occupent de plus en plus de place», affirme-t-il. En Tunisie, précise-t-il, le nombre de téléphones écoulés sur le marché obéit toujours à la même évolution, mais c'est la nature du téléphone et son coût moyen qui ont changé. Passant de 50 à plus de 150 dollars, le prix moyen d'un téléphone permet de multiplier le chiffre d'affaires des sociétés du secteur, ne serait-ce qu'avec le même niveau d'activité.

Revenant sur le marché tunisien, sa première cible conformément au business plan, «plus d'un million de téléphones vendus, soit un minimum de cinq millions de Tunisiens qui ont touché les produits de la marque », estime-t-il. Ainsi, la levée des fonds en Bourse est de nature à permettre, dans un premier temps, d'accompagner le développement du marché domestique où la marque jouit d'une certaine notoriété, qui serait renforcée par l'introduction en Bourse qui exige la transparence des comptes et la maîtrise des procédés. «A l'international, on avait des expériences sans qu'on fasse des efforts de prospection. Ils sont venus chercher nos produits», précise-t-il. Car nos capacités financières ne nous permettaient même pas de subvenir aux besoins du marché local. Toutefois, à terme, l'objectif de l'entreprise est de se développer au Maghreb et en Afrique.

Un différend avec un fournisseur a provoqué le développement de cette entreprise qui recherche à confirmer son essor par une introduction en Bourse et passer ainsi à un autre palier de croissance. Pour les investisseurs, l'arbitrage entre les plus-values de cession et les dividendes conséquents serait tributaire de leur niveau de confiance en les potentialités du secteur, des marchés et la capacité de l'entreprise à en saisir les opportunités.

Le communiqué rappelle que «Cellcom effectuera son introduction en Bourse à travers une offre à prix ferme de 976 746 actions (70% du total des nouvelles actions), ainsi qu'un placement global auprès des investisseurs avertis étrangers et locaux de 418 608 actions (30% du total des nouvelles actions)».