Orange: Réduction des actifs dans les filiales africaines en difficultés

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Après l'Ouganda où le groupe a cédé, à en croire l'agence Ecofin, environ 95% de ses parts au sein de sa filiale au profit d'Africell Holding (sous réserves des autorisations requises), les nouvelles en provenance du Kenya et d'Egypte font état aussi d'un éventuel désengagement au terme d'un examen minutieux des possibilités.

Officiellement, l'opérateur a annoncé le 19 mai cet accord négocié avec Africell sur la cession de sa participation majoritaire dans Orange Ouganda. Il s'agit d'une décision arrêtée dans le cadre de la revue régulière de son portefeuille d'actifs. Néanmoins, le groupe a réitéré les zones Afrique et Moyen-Orient comme une priorité stratégique. Un discours qui cacherait mal les difficultés du groupe dans ses opérations africaines, a révélé Ecofin. Quant au groupe lui-même, il s'est contenté d'insister sur le fait que la transaction ne fait que marquer une nouvelle étape dans la stratégie d'optimisation de son portefeuille d'actifs.

Quelques jours après, une nouvelle possibilité de désengagement est examinée cette fois au Kenya où le groupe détient un actionnariat de 70% au sein de Telkom Kenya. Il partage son actionnariat avec l'Etat kenyan. Sur la table, deux options sont en discussion. Il s'agit d'une cession partielle ou totale des actifs. En Egypte, Mobinil présenté comme la première filiale d'Orange en Afrique, a emprunté le même virage en annonçant des mesures drastiques, dont une possible réduction des actifs non essentiels pour réduire son endettement. À l'instar de ces deux pays, certains analystes ont essayé de faire le point sur les autres filiales en relatives difficultés, notamment celle du Mali à cause du risque majeur alimentée par la crise politico-militaire, et celle de la RDC où règne une concurrence féroce.

A ce titre, l'actualité touchant l'un des principaux opérateurs télécoms du pays à travers sa filiale Orange RDC intéresse au plus haut point nombre de ces analystes congolais. Certes, ces réductions d'actifs sont le signe des difficultés dans les opérations africaines mais rien n'indique, du moins à ce stade, que la RDC sera ou pas le prochain pays où le groupe va être amené à prendre des nouvelles dispositions. Au cours de son séjour à Kinshasa, le 17 avril dernier, le président du groupe Orange, Stéphane Richard, a reconnu que les objectifs n'étaient pas atteints en dépit d'une augmentation d'au moins 20% du chiffre d'affaires en 2013, et même d'une contribution à hauteur de 20 millions de dollars américains au budget de l'Etat au cours du même exercice. Dans l'ensemble, les indicateurs ont plutôt bien évolué mais le groupe a davantage souhaité un meilleur positionnement, principalement une première place. Dans le lot des contraintes, il y a non seulement la forte concurrence - parfois déloyale - exercée par d'autres opérateurs mais aussi la volatilité des conditions fiscales. Le tout pèsera sans doute dans la décision finale de réduire ou pas. Comme il l'a expliqué, les nombreux défis à relever dépendent à la fois de l'opérateur et des autorités congolaises.