Ouganda: une start-up se veut "l'Uber des moto-taxis", sécurité en plus

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Rapides et bon marché, les "boda-boda" (moto-taxis) qui sillonnent les rues embouteillées de la capitale ougandaise Kampala sont aussi très dangereux. Une start-up locale veut les rendre plus pratiques, via une mise en relation par mobile sur le modèle du décrié Uber, et surtout plus sûrs.

Créée en novembre 2014, SafeBoda compte une centaine de chauffeurs enregistrés, répartis dans 20 stations à travers la ville, localisables et contactables par les clients grâce à une application sur téléphone mobile.
Surtout, chaque chauffeur de SafeBoda reçoit des leçons de conduite, de maintenance de sa moto, une formation de service aux clients et un stage de premiers secours assuré par la Croix-Rouge ougandaise. Contre une cotisation de 10.000 shillings (trois euros) par semaine, ils reçoivent un smartphone, un gilet réfléchissant orange et deux casques - un pour eux-même et un pour leur client.

Avec le jeune Belge, un économiste écossais du développement de 29 ans, Alistair Sussock, et l'entreprise rwandaise de technologies mobiles Hehe Labs, il a alors créé SafeBoda, parfois surnommée "l'Uber des moto-taxis", en référence au géant américain de la mise en relation avec des voitures de transport avec chauffeurs.
Un surnom paradoxal alors qu'Uber est accusé de contourner les réglementations strictes entourant les professions de taxis et de chauffeurs dans les pays développés et que SafeBoda assure au contraire vouloir créer un cadre plus sûr dans une profession largement dépourvue de règles à travers l'Afrique.

Pour M. Sussock, la vérification des antécédents des chauffeurs et leur long processus de formation rend SafeBoda bien différent d'Uber, cible de nombreuses critiques à travers le monde.
"Les difficultés récentes rencontrées en Inde par Uber, dont l'un des chauffeurs est accusé d'avoir violé une passagère, montrent les problèmes que posent l'absence de contrôle", souligne-t-il, mettant en avant la "haute qualité des chauffeurs" de SafeBoda.

Le recrutement est si rigoureux, selon lui, que 250 chauffeurs de boda-boda - dont "Silverstone" - sont actuellement sur liste d'attente.

La société, qui réinvestit pour le moment ses bénéfices dans sa croissance, espère avoir 1.000 boda-boda circulant dans Kampala d'ici à la fin de l'année, puis se développer dans d'autres pays de la région, voire plus loin. "Quelques pays, comme l'Inde, pourraient être très intéressants", estime M. Sussock.

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