Afrique : Le secteur des télécoms bouleversé par le boom des applications Internet et OTT

L'éditorial du mois

YouTube est le leader de la VoD en Afrique, Google est le moteur de recherche leader en Afrique également.

Un article de webmanagercenter explique l’impact :

« …Pour la première fois sur la Bourse de New York la capitalisation d’une société virtuelle et logicielle, en l’occurrence Google, qui dépasse celle d’une entreprise industrielle. Google devient la première capitalisation boursière dans le monde, et c’est une première pour une entreprise non industrielle, ne reposant donc que sur un produit logiciel et de services, dépassant ainsi Apple.

C’est le monde immatériel, logiciel et virtuel qui est sur le point de l’emporter sur le physique, l’objet et l’industrie.

En Afrique, nous avons lu pour vous cette semaine un article qui s’intitule “WhatsApp, Skype et Viber: le casse-tête des opérateurs“, publié dans l’hebdomadaire Jeune Afrique (N° 2873…).

Cet article montre, de manière claire, comment le secteur de la téléphonie mobile est bouleversé par le boom des applications Internet, ou les services par contournement dits OTT –pour Over The Top Services-, qui permettent le transfert de sons, vidéos via Internet sans lien avec le fournisseur du réseau.

Dans certains pays, ces OTT accaparent, déjà, jusqu’à 20% de l’équivalent du chiffre d’affaires des opérateurs, et pourront annoncer à terme leurs morts. Certains, comme Orange, ont anticipé ce mouvement en annonçant la création d’Orange Banque pour 2017 (Lire notre article: Groupama Banque dans l’escarcelle d’Orange?).

Tout ceci pour dire que la révolution Internet bouleverse et bouscule notre façon de penser, de fonctionner et nos manières de faire du business.* » 

Google, leader de la VoD en Afrique, première chaîne audiovisuelle panafricaine

YouTube depuis des années est, et reste le leader de la VoD gratuite dans le monde, dont l’Afrique.  Même si Netflix vient de débarquer sur le continent, YouTube gardera pour un moment encore sa première place en Afrique, aussi bien en terme de trafic qu’en volume de contenus disponibles. Et parmi ses contenus, on trouve une richesse incomparable pour ce qui est des talents africains. Cela va d’extraits de grands films, séries, de documentaires, d’interviews, de sketches, de vidéos musicales, en passant par les actualités postées aussi bien par les grands médias que par des citoyens anonymes,  jusqu’aux vidéos des YouTubers. C’est la première chaîne audiovisuelle panafricaine délinéarisée.

Or YouTube appartient à un groupe privé. A l’heure ou les chaînes de télévision publiques en Afrique se posent beaucoup de questions sur ce qu’il faut diffuser et se restructurent, YouTube navigue tranquille, sans trop se poser de questions.

A notre connaissance, la ‘mère’ de YouTube, Google, en maman protectrice, ne divulgue pratiquement rien sur les résultats de YouTube en Afrique et ne répond pas aux requêtes des journalistes sur son bilan sur le continent. Les seuls résultats disponibles sont ceux de Google monde. Laurent Bakhtiari, analyste chez IG bank a publié ce billet le 8 Février 2016 concernant les résultats 2015 du géant du web, qui investit dans d’autres domaines :

« Google (ou plus précisément Alphabet) a publié des résultats meilleurs qu’attendus le 1er février 2016. Ceci a fait bondir l’action de plus de 5% en Bourse. Les analystes estimaient le chiffre d’affaires du 4ème trimestre 2015 à 16.9 milliards de dollars et le bénéfice par action à 8.078 dollars par action. Or, ceux-ci sont sortis respectivement à 17.3 milliards de dollars (soit +2.4% au-dessus) et à 8.67 dollars (+7.33%). Ce qui fait une progression du chiffre d’affaires de plus de 20% sur un an ! Pour la première fois où Google publie sous son nouveau nom (Alphabet), nous pouvons parler d’une franche réussite.

Ce changement de dénomination est dû à une volonté de clarifier sa structure et de séparer ses activités principales de ses investissements. Dans la première catégorie, nous pouvons retrouver, entre autres, Google, Android, Youtube, Chrome, Maps, Gmail, Play… La seconde est plus confidentielle, mais grâce à la nouvelle structure, la lumière a été jetée sur ces projets : X (recherche et intelligence artificielle), Life Sciences (biotechnologies), Nest (objets connectés), Ventures (capital risque) et Fiber (accès internet). En interne, cette catégorie est appelée « autres paris ». Grâce à cette nouvelle structure, le marché a pu s’apercevoir que les activités « classiques » ont généré un profit de 23.43 milliards de dollars, tandis que ces « paris » ont engendré une perte de 3.57 milliards, sur l’ensemble de l’année 2015. Le chemin reste encore long pour les nouveaux projets et certains devraient s’éteindre avant même d’être lancés. »

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