Afrique : La baisse de la croissance du PIB ne devrait pas effrayer les investisseurs

L'éditorial du mois

Le léger ralentissement économique en Afrique ne découragera pas les investissements, écrit DHL.

La croissance réelle du PIB de l'Afrique subsaharienne devrait atteindre 4 % en 2016, ce qui représente une hausse par rapport à 2015.

Les prévisions économiques mondiales de janvier 2016 de la Banque mondiale(1) indiquent que la croissance réelle du produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique subsaharienne était de 3,4 % en 2015, ce qui est son plus bas niveau de croissance depuis 2009. Il s'agit d'une baisse par rapport aux chiffres de 2014 et 2013, qui étaient de 4,6 et 4,9 % respectivement.

D'après Hennie Heymans, directeur général de DHL Express Afrique subsaharienne (www.dpDHL.com), l'entreprise est convaincue que le continent africain reste l'une des dernières frontières de la croissance et que la région continuera à croître comme elle l'a fait au cours des 10 dernières années grâce au grand nombre d'opportunités inexploitées disponibles pour les investisseurs locaux et étrangers.

«La baisse de la croissance du PIB de la région au cours de l'année passée ne devrait pas effrayer les investisseurs. L'Afrique continuera de croître, juste un peu plus lentement qu'auparavant.

Comme l'environnement mondial, qui a atteint une croissance de 2,4 %(1) en 2015 (en baisse de 0,2 % sur un an), l'Afrique a connu une année difficile sur le plan économique. Le phénomène a été généré par une baisse de la demande des matières premières du continent, entraînant une chute des prix, une baisse de la valeur des devises, une instabilité politique, ce qui, amplifié par les sécheresses à grande échelle causées par El Nino, a contribué à mettre la région en difficulté. Néanmoins, malgré cela, la région reste pleine de perspectives inexploitées et offre des opportunités de croissance en 2016 pour ceux qui souhaitent en profiter », a indiqué M. Heymans.

Cette analyse est similaire à celle du dernier numéro d'Africa’s Pulse(2) publié par la Banque mondiale. L'auteur et économiste en chef par intérim pour l'Afrique de la Banque mondiale, Punam Chuhan-Pole, a commenté les conclusions du rapport : « La bonne nouvelle est que grâce à la demande domestique générée par la consommation, les investissements et les dépenses gouvernementales, la croissance devrait augmenter pour atteindre 4,4 % en 2016 et 4,8 % en 2017(3).»

Le rapport(2) met également en évidence les régions spécifiques qui ont des perspectives de croissance plus importantes que les autres. Il indique que la Côte d’Ivoire, l'Éthiopie, le Mozambique, le Rwanda et la Tanzanie font partie des pays qui devraient atteindre une croissance d'environ 7 % par an entre 2015 et 2017. Ceci a été attribué aux investissements à grande échelle dans des projets énergétiques et dans les transports, aux dépenses des consommateurs, ainsi qu'aux investissements dans le secteur des ressources.

M. Heymans a déclaré que, d'après l'expérience de DHL, chaque pays offre des opportunités de croissance uniques. « Par exemple, en Éthiopie, les contributions au PIB du secteur des télécommunications sont importantes Il a été rapporté que le nombre d'abonnés mobiles atteignait 40 millions et que le nombre de connexions Internet atteignait 10 millions en 2015. Toutefois, avec une population de plus de 90 millions, le secteur a la capacité de doubler sa contribution au PIB.

Au Mozambique, le secteur de la vente au détail offre d'énormes opportunités. Avec une classe moyenne et une culture du shopping en pleine expansion, associées à une disponibilité limitée des produits de base, ce secteur offre des opportunités pour les petites et les grandes entreprises.

Le Rwanda a l'ambition de devenir une plateforme régionale des TIC (Technologies de l'Information et de la Communication), et cela a généré une augmentation de la demande d'équipements de communication et relatifs aux TIC. De même, un afflux de matériel médical dans le pays a été observé, grâce à l'explosion du secteur de la santé.»

M. Heymans ajoute que d'autres pays de la région pourraient eux aussi prospérer, mais le manque d'infrastructures et la bureaucratie les en empêche.

L’afroréalisme :

Chez Balancing Act, nous voyons en tout cas des millions de dollars USD déboursés pour des projets de déploiements de sociétés informatisées, d’applications sur mobile, de réseaux 4G-LTE et de fibre optique aux quatre coins du continent. Il suffit de lire les actualités de cette édition pour s’en rendre compte. Ces déploiements vont prendre du temps mais vont profondément bouleverser les nations africaines dans les 5 années à venir.

 

Source:http://www.africa1.com/spip.php?article65956