Cameroun – Numérique : les startups déplorent la rareté des financements

9 December 2016

Actualités économiques

Les startups du numérique camerounais évoquent la rareté d’accompagnement financier.

Le développement de l’économie numérique fait éclore des startups qui développent généralement des applications ou des services qui très souvent, ont du mal à être adaptés localement.

C’est le cas du Cardiopad d’Arthur Zang qui, contre toute attente est plus sollicité à l’extérieur du Cameroun qu’à l’intérieur du pays de Paul Biya. Depuis le montage des 100 premiers kits, l’inventeur du Cardiopad dit avoir déjà écoulé 53 exemplaires dont 25 au Gabon, 15 au Népal, et certains en Asie. Dans son propre pays-le Cameroun, Arthur Zang attend la décision de la commission d’homologation constituée entre autres d’un collège de cardiologues. C’est alors qu’il saura s’il pourra vendre ou non le fameux Cardiopad sur l’étendue du territoire camerounais.

De même, Abéga Moussa, directeur général de MG Soft, peine à trouver un marché pour ses applications mobiles qu’il a proposées à certaines entreprises de la place. « Nous avons proposé nos solutions à une entreprises de transfert d’argent qui les a snobés pour aller en chercher en Inde et s’en vanter » lance Mboa Store, la boutique en ligne de la startup a du mal à convaincre le développeur d’applications pour un éventuel hébergement sur la plateforme.

Guy Cédric Mbouopda, concepteur de Rapid-ticket, déplore également les difficultés de pénétration sur le marché camerounais. Il lui fallu environ trois ns de négociations pour une s solution de réservation des billets de voyage en ligne décroche enfin son premier contrat avec une agence de voyge. En revanche, les startups locales doivent dorénavant faire face à l concurrence des initiatives étrangères.

A l’instar de Senkiosk (Sénégal Kiosque), l’application Web de vente des journaux en ligne, qui a été proposée par la société sénégalaise des télécommunications Sonatel aux patrons de presse en marge de la conférence « investir au Cameroun » pendant que Keyo press propose une solution pareille, sans écho favorable.

La question du financement préoccupe nombre de startups. « Personne n’investit dans les startups du numérique, les rares cas sont financés de l’extérieur », remarque Dominique Sodon fondateur de Business Analytics Group, qui vient de décrocher un contrat avec l’Américain Oracle.

A défaut d’un financement interne, certains fondateurs de startups ont eu recours au capital risque ou au financement participatif. C’est le cas de Kiro’o Games d’Olivier Madiba qui, pour financer la sortie de son jeu vidéo a levé des fonds grâce au CrowdFounding. Kerawa a aussi eu un apport de financement externe, précisément français. Des modes de financement qui pour Dominique Sodon, s’avèrent parfois dangereux, pouvant entraîner parfois la perte du contrôle de l’entreprise par le fondateur.

Pour certains, la fiscalité appliquée aux startups est inadéquate. « une startup du numérique n’a besoin que d’un ordinateur, d’un Smartphone et des cerveaux pour constituer, alors qu’on leur demande le plan de localisation qui ne coûte pas moins de 500 000fcfa, cela pose problème, l’exonération de la patente ne dépasse 12 mois dans un environnement où la réussite est espérée à partir de la troisième année.

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Source : Jean-Claude Noubissié, Cameroun - CIO MAG

Date : 6 déc. 2016